TECHNICS SL-P10

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Dimensions : 430 x 140 x 315 mm
Poids : 10,0 kg
Année : 1982

Apparu fin 1982, le Technics SL-P10 est l’une des plus belles et impressionnantes machines à lire les CD jamais construites. Pour son premier lecteur CD, le groupe japonais Matsushita a vu les choses en grand, puisque la machine a entièrement été développée par ses soins. Pour preuve, le prototype SQ-CD10 visible dans cette vidéo existait sous sa forme quasi définitive dès 1981, tout comme l’étaient les Pioneer P-D1 et Sharp DX-3, modèles présentés cette même année 1981 et d’apparences très proches des modèles de série à venir.

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Si 15000 à 20000 exemplaires semblent être sortis des chaînes du constructeur Nippon, le SL-P10 est aujourd’hui peu fréquent en occasion et les quelques exemplaires proposés sur les sites d’annonces sont majoritairement non fonctionnels. Plus rare encore est la version argentée ("Silver") de l’appareil, apparemment réservée au marché japonais. Le SL-P10 est d’autant plus intéressant "historiquement" qu’il est très rare de ne trouver à l’intérieur d’un lecteur CD de première génération aucun élément visible en provenance des constructeurs Sony et Philips, "inventeurs" du format CD. En outre, Technics a pris soin de concevoir lui-même ses propres circuits intégrés, allant jusqu’à annoncer l’utilisation d’un algorithme de correction d’erreurs propriétaire (Technics Super Decoding Algorithm), ou encore développer son propre convertisseur numérique / analogique 16 Bits AN6806, alors que la plupart des fabricants de lecteurs CD de cette époque utilisaient les convertisseurs proposés par Philips et Sony. Il en est de même pour le reste du traitement numérique et les divers circuits d’asservissements mécaniques, puisque le SL-P10 embarque pas moins de 12 nouveaux circuits intégrés développés spécialement pour cette application.
Le tableau ci-dessous montre le chipset propriétaire du SL-P10 pour le traitement numérique des données extraites du disque :

  • Le chipset "Technics"
LSI MN6611 MN6612 MN6613
Fonction Démodulation EFM, extraction des sous-codes et de-scrambling C1 Horloges Correction d’erreurs, désentrelacement et interpolation
Nbre de composants 13000 transistors 17000 transistors 20000 transistors
Horloge de fonctionnement 6 MHz 8,64 MHz 2,16 MHz
Tension d’alimentation 5V 5V 5V
Niveau d’entrée / sortie Compatible TTL Compatible TTL Compatible TTL
Technologie N-MOS
Boitier QIL 64pin

Le premier chipset Technics (Lecteur CD Technics SL-P10)

Comme dans tous les premiers lecteurs CD, la pièce maîtresse est la mécanique de lecture : Technics a choisi un chargement du disque vertical par trappe motorisée et a développé une superbe section mécanique à tracking tangentiel avec bloc optique à 3 faisceaux, moteur tracking pas-à-pas piloté par un microprocesseur spécifique (MN1400) et moteur disque brushless, le tout monté sur un impressionnant bâti en alliage léger moulé (photos visibles plus bas).
Malheureusement, ce bloc optique spécifique peu endurant couplé à une électronique requérant un alignement électrique assez complexe et délicat (typique d’un optique à trois faisceaux), ainsi qu’une construction et un assemblage peu propices à la maintenance sont à l’origine de la rareté actuelle des SL-P10. Les exemplaires encore en circulation ne doivent leur salut qu’à leur look ravageur, ce qui explique le prix de vente relativement élevé de ces objets devenus souvent purement décoratifs au milieu d’une installation Hi-Fi.

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Les épaisses façade et trappe en métal moulé, l’énorme afficheur à tube fluorescent protégé par une lourde vitre (remplacé par du plastique sur les derniers exemplaires), le logo "DIGITAL" orange rétroéclairé et des dimensions plus proches de celles d’un amplificateur que d’un lecteur CD confèrent à cet appareil sa classe hors concours.
Pourtant, voir un SL-P10 fonctionner est magique : l’ouverture de la solide trappe laisse apparaître une fente dans laquelle le disque est "lâché", ce qui provoque automatiquement la fermeture lente et silencieuse de ladite trappe. Le disque est automatiquement mis en rotation jusqu’à la lecture de la table des matières (TOC) entraînant l’apparition progressive mais rapide de nombreuses informations sur l’immense afficheur extrêmement lisible. Ainsi apparaît la durée du disque et le nombre de morceaux, mais aussi un repérage du début de chaque piste par l’allumage de segments le long d’un barregraphe dont le dernier segment correspond à la durée du disque (max 80min). Cette astuce permet d’apprécier visuellement le temps approximatif de chaque morceau sans avoir à consulter les informations de temps sur la jaquette du CD. En contrepartie, le temps restant de chaque morceau lu ainsi que le temps total du disque restant à jouer ne sont pas accessibles via les chiffres, réservés uniquement au temps écoulé du morceau en cours de lecture.


L’afficheur indique qu’un disque d’une durée d’environ 55 minutes est en cours de lecture (1, dernier segment), qu’environ 10 minutes sont écoulées depuis le début du disque (1, premiers segments) que le deuxième morceau est actuellement lu (correspondance (1) et (2)). La troisième rangée (3) indique qu’une programmation de trois morceaux est en cours (morceaux 2,4,et 6).

Parmi les 6 touches situées sous l’afficheur, les touches d’avance et retour rapides sont à double contact : une pression très légère autorise des mouvements lents pour une recherche fine, tandis qu’une deuxième pression plus appuyée permet une avance ou un retour ultra rapide ; le disque est "balayé" en quelques secondes, et le barregraphe progresse sur l’affichage en même temps que la petite LED rouge située sur la trappe du lecteur pour l’indication de la position radiale du bloc optique. Précisons que le son est mis en sourdine pendant ces déplacements rapides.
Parmi les 14 petites touches situées à droite sous l’afficheur, deux permettent le changement avant / arrière de morceau, dix l’accès direct à un morceau choisi, les touches restantes étant dédiées à la programmation et l’effacement de programme.
Seule ombre au tableau, l’absence de prise casque et de télécommande (comme sur le Pioneer P-D1), regrettables oublis (ou choix), à une époque où ces options étaient fort appréciées et présentes sur plusieurs appareils concurrents (NEC CD803, Sony CDP-101, par exemple). En revanche, le niveau de sortie ligne est ajustable au moyen d’un potentiomètre situé sur le panneau arrière, à côté des embases RCA. Premier et dernier lecteur CD de la marque équipé d’une touche de mise sous tension positionnée à la verticale, le SL-P10 se marie idéalement avec des éléments tels que l’ensemble ampli / pré-ampli SE-A5 / SU-A6, le tuner ST-S8, les égaliseur SH-8065 / 8075, les enregistreurs de cassettes compactes RS-M255X / 270 / 275X, et d’autres encore.
Dès le deuxième semestre de l’année 1983, soit presqu’un an après son lancement au Japon, le SL-P10 voit ses successeurs arrivés au catalogue Technics, les SL-P7, SL-P8, et SL-P50, au dessin et à la conception radicalement différents, et à la technicité simplifiée. Le SL-P10 a été commercialisé jusqu’à la fin du deuxième semestre de 1984, alors largement dépassé par la concurrence toutes marques confondues, du fait d’une tolérance très moyenne aux disques légèrement sales ou marqués dès le début de sa commercialisation[1], et à son encombrement et sa complexité technique. A lui seul, le SL-P10 suffit à faire naître une passion pour ces vieux lecteurs CD.

PHOTOS

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La première série est reconnaissable à ses circuits imprimés de couleur blanche et sérigraphie bleue, son transformateur d’alimentation blindé noir, et la platine « Servo » superposée à la platine « Spindle control » en partie supérieure de l’appareil. Cette platine a été remplacée sur les modèles suivants par un microprocesseur intégré unique (MN1564) sur la platine digitale.

Le tableau ci-dessous montre des photos de cette première version, ainsi que diverses photos de la partie mécanique du SL-P10 :

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D’autres photos de l’intérieur du Technics SL-P10 sont publiées dans la rubrique atelier.

DÉPLIANTS PUBLICITAIRES

Dépliant publicitaire japonais d’époque pour les lecteurs CD Technics SL-P10, SL-P7, SL-P8, et mode d’emploi original pour le SL-P10.

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Image 1

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Mode d’emploi japonais - Image 1

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Mode d’emploi japonais - Image 2


Notes

[1] ↩ En référence à un article d’une revue spécialisée de 1983, qui mentionnait déjà l’apparition aléatoire de quelques "drops" en lecture

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